"Les Suites du
11 septembre:
Investir dans la démocratie pour une
société plus solidaire"
Dialogue avec des dirigeants d'ONG
21 janvier 2002, Salle 1, Palais de l'Europe, Strasbourg
Laura Finne-Elonen
Présidente du Centre européen du Conseil international des Femmes
Je vous remercie de m'avoir invitée à participer à vos
débats. Je représente le Centre européen
du Conseil international des femmes, qui a des filiales dans
vingt et un pays, dont les plus récentes dans les Etats
de la CEE.
Nous nous souviendrons tous, tant que nous vivrons, de la date
du 11 septembre 2001. Elle est imprimée dans nos mémoires
parce qu'elle marque l'un des tournants de l'histoire mondiale.
Nous n'avons pas encore pris le dessus, et la blessure reste
sensible. Nous ne savons pas comment faire face aux suites de
ce jour. Il nous faut retrouver notre optimisme et notre confiance
dans l'avenir. Il est extrêmement difficile de découvrir
des moyens de construire à travers le monde des passerelles
de confiance et de renforcer ainsi l'action pour la paix.
Je voudrais rendre hommage au Conseil de l'Europe pour avoir
organisé cet échange de vues avec les Organisations
non gouvernementales. Il a montré ainsi le crédit
qu'il accorde à la société civile et à l'action
des ONG, notamment en tant que «partenaires pour la paix».
Nous savons que le monde ne sera plus jamais comme avant, mais
aussi que nous ne parviendrons pas à la paix si nous-mêmes
ne changeons pas. Nous devons renoncer à des attitudes
profondément enracinées, nous sentir plus responsables
les uns des autres, nous débarrasser de la xénophobie,
du racisme, des préjugés et de l'ignorance.
De tels changements ne se font pas en un jour; ils demandent
des générations et c'est pourquoi il importe particulièrement
de donner aux enfants un bon départ dans la vie. Interrogé sur
les raisons pour lesquelles il avait renoncé à une
carrière prometteuse pour être médecin en
Afrique, Albert Schweitzer a répondu: «je le dois à l'humanité,
en raison de mon enfance heureuse».
Nous devons écouter les jeunes, qui s'inquiètent
de la situation mondiale. Dans beaucoup d'établissements
scolaires finlandais, des groupes de discussion ont été organisés
parce que les élèves voulaient comprendre ce qui
s'était passé et se demandaient s'il y avait d'autres
solutions que la guerre.
Après les événements de septembre, le débat
politique s'est inscrit dans une perspective unique, en noir
et blanc. L'intention a été exprimée de
mettre en place des frontières nettes contre le terrorisme.
La cible étant impossible à définir, il
en est résulté des souffrances pour des innocents.
Elisabeth Rhen, rapporteur de l'Unifem, s'est rendue récemment
au Congo. Presque toutes les femmes qu'elle y a rencontrées
avaient fait l'expérience du viol. Elle a déclaré également
que les opérations de maintien de la paix dans les Balkans
favorisaient la prostitution et que, dans certains cas, même
les membres des forces de pacification avaient participé à la
traite des jeunes filles et des femmes. On fait croire à ces
dernières qu'elles vont trouver un emploi et elles sont
ensuite vendues comme du bétail. Sur un marché de
Skopje, on a obligé des femmes à se déshabiller
de manière à pouvoir les examiner et déterminer
si elles étaient du bon ou du mauvais bétail. Un
jour, à Pri_tina, dix femmes ont été arrêtées,
mais on ne s'en est prit ni aux vendeurs ni aux acheteurs. La
traite des êtres humains est l'une des pires insultes aux
droits de l'homme et à la dignité. On estime qu'elle
affecte 2,5 millions de femmes et d'enfants par an. Toutes les
mesures possibles doivent être prises pour lutter contre
ce fléau et une coopération dans ce but doit être
impérativement établie entre les gouvernements
nationaux, les institutions internationales comme le Conseil
de l'Europe et l'Onu et les ONG. L'un des points essentiels est
l'éducation des filles, pour les sensibiliser à la
question dans les pays concernés.
Bien qu'un grand nombre d'Etats aient signé les accords
de Pékin et se soient engagés à faire participer
les femmes à la solution des conflits au niveau de la
prise de décision, elles restent absentes dans les entretiens
de paix. Lors de la guerre en Afghanistan, des réseaux
de femmes du monde entier ont demandé que les femmes participent
aux négociations ainsi qu'au futur gouvernement. Le ministère
des Affaires étrangères des Etats-Unis n'avait
jamais reçu autant de courrier électronique et
cet événement a réellement exercé une
influence sur les négociations.
Dans beaucoup de pays, l'après-guerre demande une attention
particulière quant à la situation des femmes et
des enfants. Il est positif que l'Onu ait désigné des
conseillers sur les questions relatives aux enfants au sein des
forces de pacification. Le personnel chargé du maintien
de la paix devrait compter davantage de femmes, car elles peuvent
plus facilement devenir une ressource pour les femmes qui ont été victimes
de violences sexuelles.
Le Conseil de l'Europe devrait demander aux pays membres qui envoient des forces
de maintien de la paix d'y augmenter le nombre des femmes. Ces personnels devraient être
sensibilisés à la vulnérabilité des femmes et des
jeunes filles, et formés de manière à la prendre en considération.
Les opérations devraient être conformes à toutes les normes
des Nations Unies et aux principes internationaux relatifs aux droits de l'homme.
Francis Fukuyama déclare dans son ouvrage «Trust» que
la santé d'une société civile se mesure
au nombre d'ONG. Dès lors que les citoyens se groupent
en organisations, ils construisent inconsciemment un capital
de confiance sociale qui est la base de la démocratie
et garantit l'équité de la justice. Fukuyama décrit également
les milieux favorables à la délinquance: la société civile
y est très faible, on n'y trouve que peu d'organisations,
la démocratie n'y est pas très développée,
tandis que la loyauté à la famille et à l'église
est forte. Ces sociétés se caractérisent
en outre par une croissance économique faible.
Lorsque nous regardons le monde présent, nous constatons
que les cultures, les langues, les histoires et les religions
y sont innombrables. Comment la population de base d'un pays
peut-elle comprendre le mode de pensée de celle d'un autre
pays alors que l'illettrisme est si répandu et que les
contacts mutuels font défaut? A une réunion comme
celle-ci, où tous les participants parlent le même
langage, il est possible de se comprendre et c'est pourquoi de
telles occasions revêtent une importance extrême.
Dans beaucoup de pays, le système social tout entier
s'est effondré après une guerre. L'un des plus
grands défis est de reconstruire une société viable
et de la renforcer. La société civile, y compris
les ONG, a un rôle majeur à jouer dans ces efforts.
Or, les gouvernements nationaux manquent souvent d'expérience
dans la communication avec la société civile. La
coopération internationale entre gouvernements est tout
aussi importante que la coopération entre ONG. Des enseignements
mutuels sont possibles pour tous les partenaires. Les gouvernements
devraient reconnaître les ONG en tant que telles. Il faudrait
que les organisations elles-mêmes soient conscientes de
leurs fonctions dans la société, notamment sur
le terrain, pour créer la possibilité d'une meilleure
compréhension et de la paix. |
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Presentation of the Ukrainian translation of Topelius’ Stories
Kyiv, 21st of May, 2008 at the Embassy of Finland to Ukraine
The View from Finland
European Centre of the International Council of Women. Seminar "Women of Europe - Towards Equality".
Berkshire Conference Suite, Holiday Inn, Maidenhead, Friday 25 April 2008
Women and the EU
Seminar in Budapest, 23 April 2004
The enlarged possibilities of Women NGOs and their cooperation with other NGOs
in the European Union
The Aftermath of September 11:
Inversting in Democracy for a More Cohesive Society
Dialogue with NGO leaders 21 January 2002, Council of Europe,
Palais de l'Europe
"Les Suites du
11 septembre:
Investir dans la démocratie pour une société plus solidaire"
Dialogue avec des dirigeants d'ONG, 21
janvier 2002, Salle 1, Palais de l'Europe, Strasbourg |